Rien ne s’oppose à la nuit

 Delphine de Vigan – Rien ne s’oppose à la nuit – Lattès, 19€

Il y a des livres qui nous bouleversent et nous marquent à tout jamais.

Dans le dernier livre de Delphine de Vigan «Rien ne s’oppose à la nuit», beau titre emprunté à la célèbre chanson « osez Joséphine ! »d’Alain Bashung, l’émotion pointe à chaque page.

Delphine de Vigan retrouve sa mère Lucile, suicidée, à l’âge de 61 ans, alors qu’elle venait de guérir d’un cancer pour « mourir vivante » comme elle l’écrit à ses filles. Elle décide de mieux connaitre cette belle femme, insaisissable, souffrant de troubles maniaco-dépressifs au passé nébuleux.

Comme une enquêtrice, elle collecte les témoignages de ses proches et les écrits de sa mère et retrace petit à petit cette mémoire familiale que parfois l’on préfère taire.

Issue d’une fratrie de neuf enfants dont trois sont morts, jeunes, accidentellement et d’un quatrième étant trisomique, Lucile est néanmoins, très solitaire. Mariée à 18 ans, elle essaie de vivre avec ses angoisses et ses démons du passé…Puis, lui naissent deux filles dont Delphine qui nous raconte comment elle a dû vivre avec cette mère fascinante et imprévisible.

Oscillant entre sa légitimité à écrire sur sa famille et dévoilant des souvenirs d’enfance parfois douloureux, Delphine de Vigan s’est libérée d’un lourd passé qui pesait sur ses épaules, une forme de résilience.

Cette autobiographie, écrit d’une plume sensible et sincère, emplie de doutes et d’interrogations, est un bel hommage à sa mère.

Un véritable coup de cœur !

Valérie Martinage, documentaliste au lycée Sainte-Marie de Beaucamps-Ligny